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02 novembre 2012

Les Notes / 13

les livres de Kerouac sont tous imprégnés de la chose littéraire : innombrables références à des auteurs, expressions comme « nuit blakéenne », sa vie d’écrivain est partout en filigrane (« je retournai dans l’Est pour finir mon roman », dans On the Road ; « rentrer chez moi, écrire ce livre », dans Les souterrains, etc.) / personnages écrivains, ou aspirants, ou qui devraient écrire (Cassady) / références à ses propres livres (premiers exemplaires de On the Road à la fin de Desolation Angels, etc.) / exposition de ses théories littéraires (dans Desolation Angels, entre autres) / nombreux renvois à ou évocations de la constitution (enfance & adolescence) & de l’évolution de sa personnalité littéraire / tout ça culminant dans Vanité de Duluoz, & aussi au début de Big Sur, par exemple, avec la critique du succès & son peu de valeur / bien sûr, Kerouac n’en vivait pas moins dans le monde réel / on peut résumer en disant par exemple qu’il était Canuck avant tout / c’est fort en vogue ici, ça flatte un certain nationalisme (alors que les passages les plus haineux, & peut-être même les seuls véritablement haineux de toute son oeuvre, ont pour cibles les « Canucks » – enterrez-moi n’importe où, jetez mon corps où vous voudrez mais pas dans un de leurs cimetières – etc.) / pour ma part, je le vois plutôt comme un exilé intérieur, c’est-à-dire un écrivain / il ne s’est jamais fixé nulle part, parce qu’il appartenait au pays de l’écriture / en un sens, il était apatride / il suffit de voir dans Satori à Paris comment il se définit : Américain, Breton, New-Yorkais, Iroquois, etc. – n’importe quoi, au fond / il a dit vouloir s’établir ou a voulu s’établir au Mexique, à San Francisco, aller vivre dans les bois, dans la région de Rivière-du-Loup, au Québec, il parle d’un autre endroit du Québec dans Satori à Paris (?), il n’est pas resté très longtemps à Lowell quand il est retourné y vivre, son installation à Denver a été un désastre, il s’y emmerdait, il se sentait seul au Mexique, New York l’emmerdait aussi au milieu des années 1950, San Francisco (qu’il commence par juger trop provinciale) n’a commencé à l’intéresser que quand Neal Cassady s’y est installé, il a souvent & longtemps prétendu vouloir s’établir à Paris aussi, qui l’a déçu (voir Desolation Angels) / bref, « chez moi nulle part », comme il est dit dans On the Road, donc sans véritable foyer ni patrie, sauf le pays de l’écriture

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